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Dossiers piquants

Lundi 10 octobre 2005 1 10 /10 /2005 00:00
Blessures par balle, coups, harcèlement... Les immigrés clandestins qui attendent au Maroc une chance de passer la frontière espagnole sont victimes d'actes de violence de plus en plus nombreux, commis en majorité par les forces de l'ordre.

Lire notre communiqué de presse du 7 octobre 2005:
"500 immigrants abandonnés dans une zone désertique au Maroc, après avoir été expulsés de Ceuta et Melilla. MSF intervient en urgence."


Le renforcement des contrôles à la frontière entre le Maroc et l'Espagne s'accompagne d'une escalade des violences commises contre ceux qui tentent de pénétrer sur le territoire européen. C'est ce que constate l'équipe de la section espagnole de MSF après plus de deux ans de présence médicale auprès des immigrés clandestins en transit au Maroc (lire aussi les exemples de patients traités).

Entre avril 2003 et mai 2005, sur un total de 9350 consultations médicales à des immigrés en situation irrégulière, près d'un quart des personnes examinées ont été victimes de violence directe ou indirecte (2193 cas).
 

 
» LÉSIONS GRAVES LORS DES DÉTENTIONS
Plus de 60% des actes de violence sont attribués aux forces de sécurité des deux pays ( 44% marocaines et 18% espagnoles). De nombreux récits décrivent comment les agents de sécurité, parfois accompagnés de civils, causent directement des lésions graves (blessures, fractures, contusions et brûlures) lors des détentions.

Les séquelles physiques vont des traumatismes graves, qui se produisent lors de la chute depuis les barrières de séparation marquant la frontière ou en fuyant les forces de sécurité marocaines, aux blessures par balles, en passant par les plaies provoquées par les passages à tabac ou les attaques de chiens. Des cas de mort et de violence sexuelle ont été enregistrés. Les patients victimes de violences ayant consulté les équipes médicales de MSF souffrent de douleurs aux os et aux muscles (40%), de plaies (18%), de contusions (19%), de foulures (10%), de fractures (4%), de brûlures (2%)... Nos équipes constatent également une dégradation évidente de la santé mentale des immigrés (symptômes dépressifs et obsessifs, cas d'anxiété et d'irritabilité, pertes de mémoire, migraines et asthénies).
» HARCÈLEMENT À L'AIDE DE CHIEN, EN HÉLICOPTÈRE, À CHEVAL OU AVEC DES GAZ LACRYMOGÈNES
C'est dans les zones frontalières entre l'Espagne et le Maroc que s'exerce le plus de violence. Au cours des dernières années, dans le cadre de l'application des mesures de contrôle des flux migratoires, les forces de sécurité marocaines ont organisé de façon systématique des rafles dans les régions où se concentrent les immigrés sub-sahariens, aussi bien dans les villes (Tanger, Oujda, Rabat) que dans les zones rurales (monts et forêts de Bel Younech et Gourougou, près de Ceuta et Melilla). Les immigrés racontent le harcèlement à l'aide de chiens, en hélicoptère, à cheval, avec des gaz lacrymogènes et la soustraction ou destruction de leurs biens et de leurs abris.

L'équipe de MSF travaille auprès des ces personnes en situation d'extrême précarité dans le Nord du Maroc, dans les zones de Tanger, Nador et Oujda : elle leur prodigue des soins et tente d'améliorer leurs accès aux structures sanitaires marocaines. A travers la fourniture d'abris et des activités sur l'eau, l'hygiène et l'assainissement, elle tente également d'améliorer leurs conditions de vie.


Source :    msf.fr
Par charLie - Publié dans : Dossiers piquants
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Dimanche 11 décembre 2005 7 11 /12 /2005 10:56
 C'est le constat qui a été fait par Duncun Pollard, directeur du programme forestier européen du WWF.
 Les principaux coupables sont les grandes firmes du secteur, Procter&Gamble et Kimberly Clark principalement, qui avec leurs marques kleenex ou Labell, encouragent à la destruction des forets.
 En effet la composition de leurs produits de la gamme papier ménager (papier WC, essuie tout, mouchoirs en papier), ne contiennent qu'un pourcentage infime de papier recyclé. Pire, une grande partie de la pate à papier utilisée provient de bois coupé dans des forets naturelles, parfois protégées (comme au Canada par exemple).
 
 Les complices, souvent involontaires car non-informés, sont tous les consommateurs de ces produits, et ils sont nombreux : chaque européen utilise en moyenne 13 kilos de papier ménager par an ...
 


 Pourtant il existe une solution durable à ce massacre : de nombreux produits en papier recyclé sont maintenant disponibles dans le commerce, et ce pour une qualité équivalente, et pour un prix souvent inferieur que les produits de ces marques "sales".
 


On peut trouver ces produits dans la plupart des hyper et supermarchés traditionnels, par exemple avec la marque "idées vertes" qui proposent du papier WC et de l'essuie tout produit à partir de 100% de fibres recyclées. Dans tout les magasins spécialisés en produits naturels on trouve de nombreuses références.

270 000 arbres par jour passent dans la poubelle ou dans les égouts. Les fabricants continueront à agir de la sorte tant qu'aucun réveil citoyen n'aura lieu. Cessons d'acheter ces produits, cessons d'encourager ce désastre écologique.
Par charLie - Publié dans : Dossiers piquants
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Samedi 17 décembre 2005 6 17 /12 /2005 20:37
Il faut bien de l’audace, et bien du mépris pour les peuples qui ont été victimes de la colonisation, pour oser prétendre que les décennies d’oppression que le colonialisme français a fait régner sur onze millions de kilomètres carrés et près de cinquante millions de personnes auraient, finalement, eu un «rôle positif».

C’est au prix d’atrocités, de massacres, de destructions sans nombre, que le colonialisme a pu établir sa loi sur d’immenses territoires. Mais son intrusion a également été violente sur le plan économique, modifiant profondément les économies des pays colonisés et les restructurant exclusivement en fonction des intérêts de la bourgeoisie française.

Loin de favoriser la naissance d’une industrie locale et l’équipement en infrastructures utiles à la population de régions encore dépourvues de voies de communication, les routes, les ponts, les voies de chemin de fer installés par les autorités coloniales étaient d’abord conçus pour faciliter l’exercice de leur domination. En particulier, ils devaient assurer l’acheminement vers la métropole ou le marché mondial, via les ports, des produits du pillage ou de l’exploitation locale: sève d’hévéas, arachide, minerais...

Travail forcé

C’est grâce au travail forcé de centaines de milliers d’hommes que ces installations étaient réalisées, telle la ligne de chemin de fer dite Congo-Océan, qui relia Brazzaville à Pointe-Noire au prix de la vie de 20000 paysans déportés depuis l’Oubangui-Chari, aujourd’hui en République Centrafricaine.

Cet esclavage d’un nouveau genre remplaçait celui qui avait été officiellement aboli dans les colonies depuis 1848, d’autant plus que s’y ajoutaient çà et là d’autres formes d’exploitation, des corvées, comme le «portage» à dos d’homme. En Afrique noire française, par exemple, les populations devaient fournir, en 1925, 12 à 15 jours par an de travail gratuit pour cette tâche; à Madagascar, c’était cinquante jours de «prestations de corvée» que devaient chaque année, gratuitement, les hommes de 16 à 60 ans. Le journaliste Albert Londres, scandalisé, parla à propos du travail forcé de l’invention du «moteur à bananes»! En Afrique noire française, les autorités eurent l’idée, à la fin de la décennie 1880, de regrouper les esclaves libérés dans des «villages de liberté», sous la domination d’un «chef de village» censé détenir «les fonctions d’un chef de captifs chez un propriétaire ordinaire». Selon un rapport de l’époque, ces «villages» ont servi à «fournir à l’administration une main-d’œuvre docile, bon marché, dans un pays où elle était introuvable».

Pour la majorité des populations «conquises», la colonisation fut loin de signifier un progrès du niveau de vie. En un siècle et demi de colonisation, affirme un historien économique contemporain, le rapport du niveau de vie moyen des Européens à celui des populations colonisées a chuté de 1,5 contre 1 à 5,2 contre 1. La malnutrition, parfois la famine, était le résultat direct de l’expropriation de millions de petits paysans et de la privatisation, au profit de grands propriétaires colons, des forêts et pâtures. Une fois ruinée l’économie de subsistance qui régnait avant la conquête, les colonies devenaient les pourvoyeurs de produits agricoles exportés. En Indochine, la ration de riz par habitant diminua d’un tiers entre 1900 et 1930, cependant que la production était multipliée par quatre, pour le plus grand bénéfice des compagnies exportatrices.

Enseignement, hygiène: au compte-gouttes

L’école, celle de Jules Ferry -à l’époque occupé à vanter les mérites de l’aventure coloniale-, ne bénéficia guère plus aux peuples colonisés. Même reconnue comme «le meilleur des agents d’assimilation» selon un historien des années 1960, elle fut négligée, en Algérie, à cause de «l’effort financier qu’exigeait une organisation rationnelle de l’enseignement», d’autant plus que beaucoup d’Européens y voyaient aussi une menace pour leurs intérêts. En 1939, 90% des enfants «indigènes» n’étaient pas scolarisés, faute de crédits, et cette proportion se maintint jusqu’à la guerre d’indépendance. Concernant les fillettes, un écolier sur six seulement était une fille en 1939, taux qui avait doublé seulement au début des années 1950.

Quant à Madagascar, les gouverneurs s’y empressèrent, dès la fin du dix-neuvième siècle, de diminuer la durée de l’enseignement pour les jeunes Malgaches et de le professionnaliser; ainsi les jeunes «indigènes» ne furent plus acceptés dans les classes secondaires du lycée de Tananarive.

Hors du problème de l’école, le sort des femmes, on s’en doute, n’avait rien d’enviable dans les colonies françaises, encore moins qu’en métropole où tous les combats étaient encore à mener. Bien souvent se nouaient, entre les colonisateurs et les couches dominantes des pays colonisés, des alliances dont un des résultats était d’aggraver encore les conditions de vie des femmes. Le droit civil de la République s’effaçait bien souvent, pour autant qu’il constituât un progrès pour les femmes, devant le droit coutumier ou musulman, en matière de mariage, de répudiation, de succession...

Même l’apparition d’une médecine moderne, pendant une longue période, laissa les femmes de côté. En Afrique noire elles furent, au début du vingtième siècle, les oubliées des vagues de vaccination. Pendant le même temps, une politique de reproduction condamnait bien évidemment l’avortement et la contraception et incitait les hommes à faire des enfants, par l’instauration de primes pour familles nombreuses, au mépris le plus total de la santé et même de la vie des mères, parfois très jeunes, tandis que les programmes de formation de sages-femmes et d’infirmières étaient scandaleusement insuffisants. Les progrès de la vaccination et de l’hygiène étaient difficilement applicables dans les conditions de vie précaires des masses de pauvres urbanisés. La violence des guerres de conquête et les épisodes dits de «pacification», puis la propagation de maladies auparavant inconnues ou peu répandues et enfin l’exploitation des populations par le travail forcé des paysans dépouillés de leurs terres avaient entraîné des chutes démographiques vertigineuses. Ainsi, en Côte-d’Ivoire, la population diminua d’un million de personnes pendant l’épisode colonial, celle d’Algérie de 500000, celle des Kanaks de Nouvelle-Calédonie chuta de 70% pendant la deuxième moitié du dix-neuvième siècle.

Ce tableau s’ajoute à celui, révoltant, des massacres et pillages. Le colonialisme allait stériliser pour longtemps le développement économique propre de continents entiers.
Par Viviane LAFONT - Publié dans : Dossiers piquants
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