Timberland : meilleure entreprise pour les relations humaines en 2004

Publié le par charLie

 Jaon Wang a 14 ans. Il travaille 16 heures par jour sans congé annuel, sans assurance. Sans aucune protection pour se protéger des produits toxiques avec lesquels il travaille, ses mains sont déformées.
  Lors des périodes de pointe, le temps
de travail hebdomadaire passe à 105 heures, et seul un dimanche sur deux est alloué pour le repos, le reste du temps les ouvriers doivent rester à l'usine, logés dans des dortoirs insalubres, des conditions d'hygiènes déplorables.

 L'entreprise qui l'emploie est Kingmaker Footwear dont le principal client est la firme Timberland. Dans cette entreprise les heures supplémentaires sont obligatoires, et des amendes viennent appauvrir le déjà maigre salaire des ouvriers. Les fiches de paye sont falsifiées par les managers, pour répondre aux exigences des multinationales clientes, mais celles ci savent très bien que ces rapports sont faux.

 Un mois de salaire est confisqué à chaque ouvrier, ainsi s'il décide de partir, il perdra son salaire. A chaque fin de mois, on soutire au salaire le prix du logement et de la nourriture, qui représentent 44% du salaire.



 En magasin, cette paire de chaussures est vendue 150 euros. Où va cet argent ? Certainement pas dans les poches de Jaon, qui ne sera payé que 45 centimes pour son travail. Rien qu'en chine, plusieurs millions de personnes, majoritairement des femmes et des jeunes, sont obligés de "travailler" ainsi pour survivre.

 Hu Jintao, le président de la République Poulaire de Chine et du parti communiste chinois accueuille à bras grand ouverts et ecourage toutes les entreprises à investir dans son pays, comme le titre le quotidien China daily : "You come, you profit, we
all prosper" soit "Vous venez, vous faîtes du profit, nous prosperons tous". Reste à savoir qui est inclu dans le "tous"...



 En 2004, la revue Forbes a félicité la firme Timberland en lui décernant le prix de "la meilleure entreprise de l'année pour les relations humaines".

 Que de tels abus aient eut lieu dans l'histoire est déjà inadmissible, mais qu'ils se perpetuent aujourd'hui encore, grâce à la complicité de dirigeants avides de profits, et de médias contrôlés qui refusent de montrer cette réalité est vraiment honteux.
 Des associations travaillent à améliorer les conditions de travail des ouvriers, mais comme on l'a vu les rapports sont traffiqués, les patrons trouvent toujours un moyen de contourner les règles imposées.
 Aucune décision stricte n'est prise par les instances mondiales, seules capables de prendre des mesures globales et d'imposer des contraintes fortes aux multinationnales qui seraient obligées d'obéir.

 Un moyen efficace est le boycott de toutes ces marques, ainsi qu'une multiplication des campagnes visant à parler, montrer ce qu'il se passe dans ces usines d'où sortent toutes les dernières chaussures à la mode.


Sources article : http://www.chinalaborwatch.org/en/web/article.php?article_id=50234
http://www.repubblica.it/2005/e/sezioni/economia/nostrolusso/nostrolusso
/nostrolusso.html

Publié dans Dossiers piquants

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clement 19/09/2005 19:16

je suis le premier à étrainer ce tout nouveau blog très serieux, qui dénonce , qui démonte et qui met en avant les ratés de notre société! en lisant ça je me demande ce que dirait l'auteur de cette phrase "tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes" n'est ce pas monsieur leibniz???